Cédric Oheix l'Artiste
 
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 [Web] Interview de Cédric Oheix pour LePost.fr - 14.07.2008

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MessageSujet: [Web] Interview de Cédric Oheix pour LePost.fr - 14.07.2008   Ven 25 Juil - 14:23

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INTERVIEW PAR WILLIAM REJAULT POUR LE POST.FR
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Le Train Bleu, Gare de Lyon, 14 Juillet 2008. Les avions passent au dessus en faisant trembler les murs. Je relis mes questions. La boucle est bouclée, c'est ma dernière fois sur la Nouvelle Star, la dernière fois que je pose des questions sur l'émission 2008. J'ai vu comme tout le monde le programme, je me suis amusé ou j'ai tremblé pour les candidats (un peu moins que l'an passé, soyons franc), allez la Nouvelle Star est passée et cette année, elle s'appelle Amandine.

Moi, c'est Cédric, Cédric Oheix, qui m'a marqué et ce dès sa première apparition. « Ken », disait Lio, « Ken comme Ken et Barbie » ou Pierce Brosnan, pour les plus trentenaires, le dernier James Bond des années 90. Un petit côté clean sur lui, le Cédric, des polos, des jeans bien repassés. Un sourire de gars bien élevé, des mèches proprement en bataille. Pas rock'n roll, Oheix ? Ouais, juste un type sans histoire qui reprend du Noir Désir, dès son premier prime, en regardant fixement Lio dans les yeux, pour voir si elle va réagir.

Ce qui frappe chez lui, c'est sa lucidité, son extrême lucidité, sur tout ce cirque, sur cette montagne qui accouche d'un œuf (de caille). Sa force tranquille, aussi, un peu la même qu'il faut déployer aux petites heures du matin, dans la tempête, au moment des décisions importantes, quand deux cent personnes dorment en cabine et ne se doutent pas que ça va mal, en passerelle. Cédric a eu le temps de voir le monde, pendant que d'autres le refont, aux mêmes âges, il s'est fait plaisir en chantant pour ses passagers, anonyme, il a connu des escales glauques et des traversées un peu longues.

34 ans.
Et maintenant, que vais-je faire ?
M6.
Télé crochet.
Pourquoi pas ?
Je n'ai rien à perdre.

Les autres y vont pour la gloire.
Moi j'y vais pour chanter, et essayer d'en vivre un peu.

On a beau essayer de creuser un peu, sous le charme (le type est tactile, souriant, il enjambe l'accoudoir, petite basket se balançant dans le vide, se passe la main dans les cheveux, incline la tête, le menton baissé), on a beau vouloir piéger pour débusquer le poseur, le parleur, le séducteur, on ne trouve rien de sournois, de tapi dans l'ombre. Ni discours rodé sur le système à niquer, ni pose déjà lassante de jeune poète maudit jazzeux, rien qu'une envie, celle d'expliquer ce qui s'est passé (le naufrage de milieu de course à la Nouvelle Star, la course en solitaire épuisante, les paquets de flotte du jury dans la tronche) et un espoir, convaincre demain, et le jour d'après, encore, sur scène, qu'il sait faire passer son message d'artiste.

Il sait qu'il doit convaincre, en Français, désormais, pour toucher le public. Il se donne six mois pour écrire, pour produire, pour toucher de nouveau les gens qui le connaissent déjà pour de mauvaises raisons. Réponse dans quelques temps. Je serai là pour le voir.



- Avant toute chose, la question qui fâche. Il y a eu cette rumeur, à un moment donné, que tu devais faire l'Ile de la Tentation mais que, pour des histoires de planning, ça n'avait pas pu se faire...

- C'est un ramassis de conneries, tout ce que j'ai pu lire là-dessus, dans la presse. J'étais avec une copine dans un café, on buvait un verre, une femme débarque, nous prend en photo, nous décrit le programme. Je ne suis absolument pas intéressé mais la copine en question veut en savoir plus, juste pour satisfaire sa curiosité. Je l'accompagne, la mort dans l'âme, mais il est évident que jamais je ne serai allé dans ce jeu, jamais. Je veux faire de la musique, pas jouer au play-boy sur une île devant trente-cinq caméras. Pas une seule seconde je n'ai pensé que ça se ferait.

- Si je résume ton parcours dans la Nouvelle Star, c'est le mot gâchis qui me vient à l'esprit, immédiatement. Je t'ai senti sous-employé, pendant les primes...

- Oui, moi aussi. Que veux-tu que je te dise ? La liste de chansons qu'on me proposait ne me correspondait pas, j'avais beau dire non, on me répondait qu'il fallait que j'accepte, pour des histoires de télégénie, de grand public. C'est un métier, ils me disaient, nous savons comment ça fonctionne. Il faut toucher tout le monde, or la reprise que je proposais était trop ceci, pas assez cela...On voulait du connu, du sûr, de la chanson reconnaissable de suite en prime time...

- Excuse-moi mais Benjamin a quand même chanté du Donny Hathaway !

- Ah mais Benjamin, c'était Benjamin... (rires) Les listes de Benjamin était toutes validées par la prod', Benjamin chantait exactement ce qu'il voulait. Je me souviens être allé voir le grand manitou du programme pour râler que si Benjamin chantait du Hathaway, quand même, je pouvais moi aussi faire ma reprise de Led Zeppelin...Donny Hathaway, tu m'excuses, mais presque personne ne connaissait, c'est très pointu, comme répertoire...Mais le grand manitou, avec la plus grande des mauvaises fois me dit « mais non, Cédric, pas du tout, je l'adore cette chanson, elle est super connue, tu vois ».

- Et tu te retrouves alors avec du Dalida ou presque. Pourquoi ne disais-tu pas simplement « non ! », « non, je veux pas chanter ça ! » ??

- Impossible. Tu as trois types en face de toi qui font du forcing, il est cinq heures du matin, tu es naze, n'oublie pas ce détail, on est épuisé, on bosse beaucoup, comme des fous, sur cinq jours, pour mettre au point deux chansons, le temps joue contre toi. Tu dis « non », ils insistent, tu dis « non », ils reviennent à la charge. Tu redis « non », ils ne lâchent pas et tu comprends qu'ils ne lâcheront pas le morceau de toute façon, jamais, alors que toi oui, tu vas le lâcher, à un moment donné. Bien obligé. Tu peux être débarqué du programme sur un claquement de doigt.



- Conséquence, tu n'as pas vraiment eu l'occasion de montrer ce que tu avais dans le coffre.

- On ne m'a pas jamais laissé l'occasion de le faire.

- Benjamin, lui...

- Oui. On le voyait bien que la production misait tout sur une finale « Benjamin/ Amandine ». J'ai fait du mieux que j'ai pu, en essayant de m'éclater sur les titres qu'on m'imposait mais, franchement, mes duos ou mes trios, c'était très très mauvais. En les regardant, à froid, j'ai grincé des dents plus d'une fois.

- Avec la prod', tu ne pouvais pas essayer la menace ? « Si je ne chante pas ça, je plaque tout ! »


- Non, moi je ne fonctionne pas comme ça. Je t'avoue qu'à un moment donné, j'étais démotivé, totalement, je n'avais plus aucune envie de chanter. Dégoûté. Ca se lit sur mon visage, durant les primes. Je me retrouve face au Jury qui me descend, me met à terre, là, oui, j'ai la tête ailleurs, je me vois loin, sur mon bateau, pendant un instant je pense à la sortie. Et puis après, en coulisses, je prends du recul, je réfléchis. Non, mais attends, je ne suis pas allé jusque là pour fuir, quand même, il y a des gens derrière. Tu connais le nombre de gens qui votent, qui payent pour envoyer des sms, des marins de ma compagnie maritime, des amis, ma famille ? Tout le monde est là, derrière toi, à t'encourager, à se rassembler autour de toi. C'est ça aussi la magie des prime, tu retrouves réunis sur un plateau de télé tous les gens que tu aimes, tous, dans une configuration que tu ne retrouverais qu'à ton mariage ou ton enterrement. Ils sont tous là, même des types que tu avais perdus de vue et que tu retrouves, ils sont tous là et ils sont super heureux pour toi, ils vivent autant l'aventure que moi. Et toi égoïstement, tu te dis « Mais je ne peux pas arrêter maintenant, ce n'est pas possible, regarde-les ». Je ne peux pas partir. Allez, je me reprends, je serre les dents et vais jusqu'au bout, je profite de cette chance.

- Tu as eu du mal avec tes petits copains de promo ?

- Du mal, non, mais nous ne nous sommes pas choisis les uns les autres. Icare m'en voulait un peu au théâtre mais je m'entends très bien avec lui, heureusement qu'il est là, sur les routes. Jules, c'est autre chose, imagine, j'ai le double de son âge, il me parle comme si j'étais une figure morale ou son paternel, rends-toi compte de comment tu étais à son âge avec les gens de 34 ans. Amandine est très seule, aussi, elle navigue entre deux eaux, elle a 28 ans, ce n'est pas évident pour elle de faire une tournée, la seule fille au milieu de tous ces garçons. Les plus jeunes se la pètent un peu rock star, c'est la tournée des boîtes, l'alcool, les chambres d'hôtel un peu chahutées, tu vois le tableau. Moi, je me couche assez tôt après le concert et j'attends la date suivante.

- Tu as lu les déclarations de Jules sur tes lectures ? Il parait que tu lis des bouquins de droite sur la banlieue.

- Ah, Jules, le chroniqueur politique de 17 ans ! J'ai beaucoup d'affection pour lui, quand il essaie d'expliquer à une journaliste people que je lis « Petit Frère », d'Eric Zemmour, dans le lit d'à côté et qu'il faut y trouver une allusion politiquo-sociétale à mes idées...(rires) J'ai tenu 60 pages sur ce bouquin, d'ailleurs, pas plus.

- Quand la prod' nous a abreuvé d'images de toi en sous-vêtements, ça t'a agaçé ?

- Oui...bof...Non, c'est le jeu. Il fait chaud, Icare et moi jouons de la guitare dans le patio, une caméra traîne à côté, je sais pertinemment qu'il y a un risque que les images soient détournées, je ne suis pas naïf. Après, me voir systématiquement à moitié nu, ils font comme ils l'entendent... Ça ne me met pas en valeur, ça ne me nuit pas non plus, c'est un choix qui les regarde... J'ai pris conscience de mon extrême fatigue en me voyant à l'écran, j'étais desséché, j'avais perdu 6 kilos, je me suis fait peur.



- Tu t'es vu en une de la presse people, tu as réagi comment ?

- Oh, bien. (Il sourit). Bien, bien.



- Tu te retrouves dans un magazine people et ça ne te fait ni chaud, ni froid ?

- Voilà. C'est le postulat de départ, ce sont les règles du jeu. Tu participes à un programme de télé, tu sais à quoi tu t'exposes. Non, pour tout te dire, j'étais amusé. Je ne lis pas les textes ou les commentaires sous les photos, qui sont remplis de contrevérités, mais le reste, pas de souci.

- Lio ne te jugeait pas comme les autres candidats, pendant le prime, j'ai trouvé qu'elle avait la dent dure avec toi.

- Non.

- Ah bon ? Elle n'avait pas un parti pris contre toi, à un moment donné ?

- Non, pas du tout. Sincèrement, je n'ai pas de souvenirs marquants sur ce qu'elle m'aurait dit et qui t'a tant marqué, désolé. Je me souviens bien plus de son absence chronique de petite culotte, quelque soit la tenue portée. Sinclair, par contre, m'a scotché, sur le prime, à un moment. Il m'avait dit « que je n'étais pas présent, comme si j'avais des problèmes personnels ». Sous les tonnes de maquillage, à 15 mètres de moi, il arrivait à voir que j'étais mal, très mal...Mais il a été sympa, sinon. Le plus mauvais moment, ça venait de Philippe Manœuvre, qui m'avait dit, après une chanson, que ça ressemblait à « un petit naufrage d'un petit pédalo dans la petite baie de Calvi »...avant de préciser, dans la presse, que j'étais le nouveau Sacha Distel.

- Sympa.

- Mais je n'ai rien contre Sacha Distel, il a eu une carrière exceptionnelle, c'est juste le côté péjoratif de son jugement, vouloir à tout pris m'enfermer dans une case parce que je reprends du Sinatra 2 minutes et que je m'éclate dessus. On sent le mépris pour un certain public ou l'incrédulité sur mes capacités.

- Ton album, tu le vois comment ?

- Tu brûles les étapes, là. Le travail avance pour ce qui est de l'écriture des nouvelles chansons, que je présenterai à Sony bmg en septembre...



- Tu retiens quoi de cette aventure ?

- La Nouvelle Star m'a permis de gagner du temps, un peu de temps, puisqu'on me prend au téléphone ou qu'on accepte de me voir pour discuter mais je ne connais personne du métier. Ni agent, ni tourneur, ni producteur, personne. Comment veux-tu lancer l'enregistrement d'un disque quand tu n'as personne derrière toi et qu'après que les projecteurs se sont éteints, personne ne t'appelle?

- C'est rude, non ?

- Non. C'est le jeu. Il y a une telle désillusion derrière tout ça, il faut en prendre conscience, être un peu fort. Je me donne 6 mois, 6 mois pour écrire, 6 mois pour avancer, 6 mois pour décider ce que je veux faire avec ma musique. Au pire, je repars derrière ma barre, dans un bateau, et je ferais des concerts Unplugged pour mes passagers. Personne ne me connaîtra et ça m'ira très bien. Je l'ai fait pendant des années.

- Personne ne te connaîtra mais là, justement, tu es reconnu. Tu le vis comment ?

- Super bien. C'est génial, comment ne veux-tu pas apprécier les petits sourires en coin, les clins d'œil complices que te lancent les gens dans la rue. Petites remarques affectueuses, tu serres des mains. C'est très respectueux, très appréciable, je savoure énormément.

- Tu as le temps d'écouter un peu de musique, ces jours-ci ?

- J'ai beaucoup aimé le dernier Sigur Ros, sur mon iPod, en regardant défiler les kilomètres de voie ferrée ou d'autoroute. Tu ne peux pas savoir le nombre de kilomètres qu'on a avalés depuis le début de la tournée.

- Je finis avec des questions de lecteurs, la première est assez surprenante, je te laisse découvrir ça : As-tu déjà conduit le NGV de la SNCM et avec qui ?

- (il rit) Oui, plein de fois, et je salue les commandants Hervé Lopez, Jacques Coatelen et Hubert Ugross.

- As-tu une devise personnelle ?

- Huuuum...Oui, « naturel, libre et digne ».

- Tu as reçu des propositions pour être mannequin ?

- Non. Mais si la marque Bill Tornade cherche un mannequin vedette, je fais la promo gratuitement en échange de leurs vêtements. Ils sont superbes et bien taillés. Je devrais peut-être les contacter. Allez, petite annonce: « ancien candidat Nouvelle Star mince et pas trop moche, aimant vos créations, cherche sponsoring vestimentaire ! Me contacter. » (rires)


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